Peur de partir en voyage : posez-vous les bonnes questions !

Ce qui fait peur avant de partir : posez-vous les bonnes questions !
Temps de lecture estimé : 7 minutes

Aahhh on rêve tous plus ou moins de tout lâcher et de partir voyager, un peu, beaucoup, pour toujours… mais avant de prendre la décision, on se pose des tas de questions.
Et bien c’est normal ! et plutôt sain d’ailleurs , ça prouve qu’on réfléchit avant d’agir, plutôt cool non ?
Donc, si vous avez peur de partir en voyage : posez-vous les bonnes questions !

 

Tous les voyageurs s’entendent dire un jour : “quelle chance tu as de voyager !”, sous entendu “tu as de la chance d’avoir du temps et de l’argent”.

Comme lu dans un article récemment : “Oui, nous avons la chance d’être en bonne santé, d’être nés en France avec tout ce que cela implique : le système de soins, la sécurité sociale, l’éducation, les allocations chômage, les infrastructures, les services publics, le niveau de vie, la liberté de penser et de faire ses propres choix. Tout cela n’aurait pas été possible dans beaucoup d’autres pays. Dans ce sens là, oui, nous avons de la chance. Mais partir voyager est avant tout une décision à prendre, et là, il n’y a pas de place pour la chance”.

 

Après avoir discuté avec des voyageurs, des amis, des collègues, des vanlifers nomades, etc., voici les interrogations qui reviennent le plus souvent et notre avis pour tenter de dépasser ces freins.

Le boulot

“Est-ce que j’en retrouverai un ?” ; “Est-ce que j’aurai le même salaire ?” ; “C’est dommage, mes collègues actuels sont sympas” ; “Je n’aurai plus de ressources à mon retour”…

 

  • En fonction de votre entreprise, un congés sans solde est-il possible ? une rupture conventionnelle ? cela vous permettra soit d’avoir un boulot au retour soit de pouvoir prétendre au chômage ;
  • Pourquoi ne pas démissionner après tout ? si vous avez déjà un peu d’expérience à faire valoir, une qualification particulière ou si vous êtes motivé à prendre un job différent au retour (intérêt, géographie, salaire, horaires), et bien foncez. Vous retrouverez du travail et même si ce n’est que temporaire, vous pourrez chercher mieux par la suite, peut-être même à l’étranger qui sait… ;
  • Un voyage n’est pas forcément négatif sur un CV, au contraire, il montre des capacités d’adaptation, de décision, d’ouverture d’esprit… des qualités recherchées en entreprise. Et puis, si vous tombez sur un employeur qui n’apprécie pas, vous aurez au moins éliminé quelqu’un avec qui vous ne partagez pas les mêmes valeurs !

De notre coté :

Nous étions tous les deux en CDI (aahhh, le Saint Graal…).

Fred souhaitait quitter son poste et a pu faire une rupture conventionnelle, de quoi nous assurer le chômage à notre retour en France.

Émilie a dû démissionner (donc pas de droits au chômage). Quelques semaines avant notre retour en France, elle a cherché un contrat de plusieurs mois en CDD ou en intérim. Ceci afin d’être libres à l’été 2019 pour… aménager notre 2ème fourgon !

Elle a trouvé un CDD de 6 mois à Chambéry. Nous n’avions pas de préférence quant au lieu puisque c’est temporaire. C’est certes avec un moins bon salaire que si elle avait cherché un CDI sur le même type de poste que celui qu’elle occupait avant, mais vous l’aurez compris, ce n’était pas dans nos objectifs immédiats.

Le logement

“Je retrouverai jamais aussi bien” ; “J’ai galéré pour trouver cet appart” ; “Je pourrai peut-être pas me payer un appart comme ça à mon retour” ; “Qu’est-ce que je vais faire de toutes mes affaires ?”…

 

  • Si vous êtes locataire, c’est assez simple : il n’y a qu’à poser le préavis de départ et résilier les abonnements. Vous retrouverez un logement à votre retour, pas identique mais c’est bon le changement aussi !
  • Si vous êtes propriétaire, peut-être pouvez-vous louer votre bien (en prenant une agence qui s’occupera des locataires) ? Peut-être que vous vouliez déménager ou partir vers un nouveau projet : pourquoi ne pas vendre ?
  • Concernant le mobilier, objets et autres fringues… demandez-vous si vous avez vraiment besoin de garder tous ça… n’est-ce pas le moment de vendre ou donner tout un tas de choses accumulées et finalement très peu utilisées ? et puis ça fera de l’argent de poche pour votre voyage !
    Et pour garder les affaires que vous souhaitez conserver, quelqu’un dans votre entourage a peut-être un endroit à vous prêter…
  • Idem pour les voitures.

De notre coté :

Nous n’étions que locataire donc nous avons pu quitter facilement notre jolie maison. Nous en avons profité pour vendre et donner une partie de nos affaires (c’est fou tout ce qu’on peut accumuler !) et stocker le reste chez les parents de Fred (qu’on remercie encore une fois).

D’ailleurs, nous avons prévu de vendre et donner la majorité de ce que nous avons conservé car on se rend compte qu’on a beaucoup trop de choses inutiles (#minimalisme ). Concernant les voitures, nous avons vendu la voiture de Fred pour financer une grande partie de l’achat du Zbab (notre Trafic adoré) et nous avons conservé celle d’Émilie pour notre retour en France.

La famille et les amis

Loin des yeux ne veut pas dire loin du cœur !

Avec les moyens de communication actuels, il est facile de se parler et de se voir même à des milliers de kilomètres. Dîtes-vous que ce n’est que pour quelques mois ou un an, vous allez vivre des choses extra que vous pourrez raconter, vous allez rencontrez d’autres personnes… et si vous trouviez le boulot parfait ou l’amour de votre vie à l’autre bout du monde ?

De notre coté :

Être éloignés de nos proches, c’est un peu le seul point noir des voyages au long cours. Cependant, en Union Européenne les choses sont facilitées avec la fin du roaming pour les données mobiles. Whatsapp, Skype, Facebook ont donc été nos plus grand alliés ! Mais quand même, quel bonheur de revoir ses proches après plusieurs mois .

L’insécurité, la langue

“Attention aux serpents” ; “Et si je me perds dans une grande ville que je ne connais pas ?” ; “J’ai entendu dire qu’il y avait eu un touriste tué ici” ; “Je ne parle même pas anglais correctement”…

 

S’il y a bien sûr des endroits sur Terre plus dangereux que d’autres, ne vous laissez pas aveugler par la plus grande peur : l’inconnu. C’est la méconnaissance d’un lieu, d’une langue, d’une population, de coutumes, etc. qui nous pousse à rester dans notre cocon.

A cela s’ajoutent les informations délivrées par les médias… rappelez-vous qu’on parle surtout des mauvaises nouvelles, ne faîtes pas de généralités à partir de quelques incidents. Discutez avec d’autres voyageurs des endroits qui vous intéressent, de leur ressenti sur place, de leurs conditions de vie, vous verrez souvent que la situation n’est pas aussi dramatique qu’on peut le laisser croire.

Si vous êtes déjà parti en vacances dans une autre région que la vôtre :

  • N’avez-vous pas goûté des plats différents ? demandé votre chemin ? lu un plan de métro ? loué une chambre ? Si vous voyagez, ce sera pareil, un peu plus complexe parfois mais on arrive toujours à se faire comprendre : quelques mots d’anglais, des gestes, ou le guide “G’Palémo” du Routard ;
  • Vous êtes-vous baladé la nuit, seul, un collier en or autour du cou et une liasse de billets à la main, dans une petite rue ? C’est une règle de bon sens : on n’étale pas sa “richesse”, on ne sort pas là où ça craint, on reste en groupe si possible ;
  • Avez-vous essayé de changer l’eau de la mer car elle est trop salée ? de changer l’accent des marseillais car il n’est pas à votre goût ? : et oui, ailleurs c’est différent de chez nous, c’est cela qu’on cherche non ? c’est pourquoi on se doit de respecter l’autre, le lieu où il vit, de s’adapter à son mode vie, ne pas venir avec ses gros sabots, s’intéresser à ce qu’il y autour de nous.

En bref, n’ayez pas peur ! si vous respectez les règles élémentaires de bons sens et que vous allez à la rencontre des gens de manière respectueuse, il ne vous arrivera rien de grave, enfin pas plus que chez vous.

De notre coté :

Nous avions déjà voyagé à l’étranger ensemble en Espagne ou au Royaume-Uni, pas de problèmes majeurs. Et nous avons aussi été à Madagascar : un des 5 pays les plus pauvres au monde, qui accueille seulement 400 000 touristes par an pour un pays plus grand que la France, qui souffre d’une assez mauvaise réputation dans les médias et qu’on vous déconseillera souvent.

Nous sommes partis en “sac à dos” (un mois tous les deux en 2017 et Fred avec un pote un mois en 2011) à la découverte de Madagascar, ce pays extraordinaire (on ne peut que vous encourager à y aller !). Bien sûr, au départ, on avait un peu peur de partir en voyage dans un pays comme ça mais en respectant des règles simples nous n’avons jamais eu d’ennuis et bien au contraire nous avons adoré cette destination.

Pendant nos 8 mois de voyage en van aménagé en Europe, nous ne nous sommes quasiment jamais sentis en insécurité. Nous faisions confiance à notre instinct : si un endroit ne nous plaisait pas, nous en cherchions un autre, si quelqu’un nous semblait bizarre, nous passions notre chemin, etc.

Par contre, nous avons rencontré des gens formidables, avenants, sympathiques, même quand ils ne parlent pas un mot d’anglais ! Et nous sommes loin (très loin) d’être bilingues nous aussi mais nous n’avons jamais eu de problème avec ça.

Le budget

“Voyager ça coûte cher” ; “J’ai encore besoin d’économiser avant de partir” ; “Si je dépense en voyage, je n’aurai plus rien après”…

 

Oui, l’argent c’est un point important, mais s’il est central, ça devient un problème !

  • Réfléchissez au type de voyage souhaité. Un trip en sac à dos coûtera moins cher qu’un voyage organisé en hôtel 4*, vouloir ne faire que des activités de dingues coûtera plus cher que les randos, les visites gratuites ou le coucher de soleil sur la plage, manger local ou acheter des aliments peu cher et les cuisiner coûtera moins cher que de manger dans des restos étoilés tous les jours…
    Ce n’est que du bon sens mais il est toujours bon de le répéter, à chacun ses moyens et son voyage.
  • Même en s’offrant des extras de temps en temps, on peut toujours faire gaffe et rogner sur autre chose. On peut aussi se faire plaisir dans les pays où la vie est moins chère et faire attention dans les pays dit chers.
  • Ne repoussez pas sans cesse car vous n’avez pas assez d’argent pour le voyage et pour le retour… dessinez le contour de votre trip, estimez un montant et épargnez pour atteindre cet objectif si vous n’avez pas d’économies. Pour la suite, prévoyez au moins de quoi payer un mois de loyer + caution + un mois de vie. Vous pourrez vous loger et vous nourrir, le temps de retrouver un job.

De notre coté :

Nous avons voyagé uniquement sur nos économies, et on s’est très vite rendu compte que voyager coûte moins cher que la vie “classique” : pas de factures logement, électricité, eau, gaz, taxe d’habitation, entretien… moins de dépenses vêtements, sorties, babioles et surtout pas d’achats compulsifs… Alors oui, voir ses économies diminuer ça fait parfois peur, mais très vite on se ressaisit : on ne les emportera pas au paradis !

 

 

Il y aurait tant à dire sur ces freins qui nous empêchent de bouger… mais l’important est surtout de s’écouter, de réfléchir de façon objective.

Si vous avez envie de partir loin ou non, quelques mois ou plus longtemps, que vous êtes en bonne santé, avec quelques économies pour commencer… il n’y a pas de raisons de ne pas essayer. N’ayez pas peur de partir en voyage !

Et puis dîtes-vous que c’est un test, que rien n’est définitif, ne vous mettez pas la pression. Vous pourrez toujours rentrer et retrouver une vie (presque) comme avant !

 

Maintenant, on ne peut vous souhaiter qu’une chose : bon voyage !
Retrouvez aussi nos astuces ou notre expérience dans nos articles sur la vie en van.

6 Replies to “Peur de partir en voyage : posez-vous les bonnes questions !

  1. Beau témoignage. Je trouve très bien que vous ayez exposé votre expérience de cette façon. On peut facilement comparer et s’approprier certaines situations.
    Merci…je ne dirai pas que je sois prête à partir, mais cet article est une très bonne façon d’y réfléchir sérieusement.

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