La vie quotidienne en van aménagé

La vie quotidienne en van
Temps de lecture estimé : 6 minutes

Les grands espaces, la liberté, le réveil dans un endroit différent chaque jour… la vanlife fait rêver !
Mais comme à la maison, la vie quotidienne en van aménagé se construit assez vite. Au fur et à mesure des jours, une petite routine s’installe et les gestes se répètent. Et tant mieux, car vivre dans un petit espace nécessite beaucoup d’organisation et surtout, de la coordination.

 

Lors de notre roadtrip de 8 mois en Europe en 2018, nous étions dans un Trafic aménagé par nos soins. Pour deux personnes et un chien dans 4 m² sans pouvoir se tenir debout, toutes les tâches se transforment en un véritable ballet où chacun à son rôle (oui, même le chien !). Ce rythme est difficile à prendre au début et peut générer des conflits mais on s’y adapte assez rapidement.

Alors, à quoi ressemble la vie quotidienne en van aménagé ?

Prendre sa douche à l’extérieur, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige !

Etant donné le petit volume de notre van aménagé (Renault Trafic L2H1), la douche se prend à l’extérieur.
Se doucher dehors, c’est très agréable quand il fait beau, chaud et que vous êtes en face d’une magnifique cascade dans les fjords norvégiens. Malheureusement, bien loin des photos instagrammables, il arrive parfois qu’aucune de ces conditions ne soit présente. Il faut alors faire avec la pluie, le froid, le vent, les promeneurs qui passent, etc.

 

Évacuons donc tout de suite le sujet tabou : non, nous ne nous prenons pas une douche tous les jours :-D . En fonction de notre activité quotidienne ou de la chaleur, cela ne nous semble pas obligatoire. De plus, on consomme moins d’eau ainsi.
En règle générale, c’était une douche tous les 2 ou 3 jours afin d’attendre d’être dans un endroit calme, à l’abri des regards et que la météo soit clémente. Bien sûr, entre temps, rien n’empêche de passer un coup de lingette ou de gant avec du savon hein… et ce n’est pas une fatalité, certains vanlifers arrivent à se doucher tous les jours. Il faut juste accepter de remplir l’eau plus souvent, d’avoir parfois froid, d’être potentiellement dérangé par quelqu’un ou de prendre sa douche sous la pluie.

 

Les solutions les plus couramment utilisées pour se laver dehors sont la douche solaire et le jerrycan avec pompe immergée. De notre côté, nous avions opté pour la formule grand luxe avec chauffe-eau instantané au gaz : de l’eau chaude en quelques secondes seulement !
C’est un investissement non négligeable (environ 300 €), mais que nous n’avons jamais regretté. Ses besoins électriques sont quasiment nuls (uniquement au démarrage) et sa consommation de gaz est très faible (nous avons consommé environ 800 g de gaz en 8 mois).

Les toilettes : la question existentielle

Nous avons fait le choix de n’avoir ni WC chimiques ni toilettes sèches, trop encombrants pour notre petit espace.
Mais alors, comment on se débrouille ?

 

Nous dormons le plus souvent dans des endroits isolés et faisons pas mal de randonnées ou balades, il n’y a donc aucun problème pour trouver un endroit pour faire son affaire. Le reste du temps, nous trouvons assez facilement des toilettes : WC publics, restaurants ou centres commerciaux.

 

Enfin, nous avions tout de même prévu un système en cas d’urgence : un trépied de camping pliant troué sur lequel on pose un sac plastique… pas très sexy on en convient mais pratique et prenant peu de place. Il en existe tout fait sur internet entre 20 et 30 €, mais si vous voulez faire une petite économie, faites comme nous : achetez un trépied chez Décathlon à 5 € pour le découper vous-même.

S’approvisionner en eau

La vie en van amène son lot de nouveautés, parmi elles : trouver de l’eauChaque voyageur a sa technique : WC publics, stations services, stades sportifs, jardins et parcs municipaux…

 

De notre côté et dans 95 % des cas, nous cherchions… un cimetière ! En effet, ils sont quasiment toujours alimentés par le réseau d’eau pour l’arrosage des fleurs, facilement accessibles car souvent en dehors des villes, souvent avec un parking gratuit pour stationner et facilement repérables sur Google Maps.

 

Bien sûr, cette technique est valable surtout en Europe et plus précisément dans les pays chrétiens. Difficile de trouver de l’eau dans un cimetière aux USA ou en Turquie par exemple.

 

En Europe, l’eau est en général de bonne qualité mais selon les destinations, mieux vaut se renseigner avant. Dans notre cas, les pays où nous n’avons pas consommé l’eau du robinet sont :

  • la Lettonie et la Lituanie : nous ne trouvions que des puits dans les cimetières et aucun robinet accessible.
  • la Turquie : il y a de nombreuses fontaines en bord de route qui servent autant pour le bétail que pour les habitants. Cependant, en Turquie l’eau du robinet n’est pas adaptée à nos petits estomacs fragiles. Certains voyageurs la consomment quand même. Pour nous cette eau servait pour la douche et nous achetions de l’eau en bouteille pour notre consommation. Et à environ 15 centimes d’euros les 5 litres, ce n’est pas la ruine.
  • la Bulgarie : potable en temps normal, il venait juste d’y avoir une alerte sur la présence de radioactivité dans l’eau bulgare. Nous n’avons donc pas pris le risque et avons acheté de l’eau en bouteille.

Ailleurs, nous avons toujours consommé l’eau du robinet (et nous n’avons jamais été malades).

 

Petite astuce : dans notre Trafic, il y a une réserve de 60 litres d’eau à l’arrière pour la douche et un jerrycan de 19 litres à l’avant pour boire, faire la vaisselle et la cuisine (voir notre installation). Cette séparation des usages évite d’avoir à trouver une grande quantité d’eau potable. En effet, seule l’eau du jerrycan est consommée et se doit d’être potable. Si nous avons un doute, nous ne prenons l’eau que pour remplir le réservoir pour se laver et cherchons ailleurs de l’eau potable.

Trouver un endroit où dormir

Encore une fois, on ne pourra s’empêcher de citer Park4night. Cette application permet de trouver assez facilement des coins sympas où dormir. Les lieux référencés sont très nombreux en France, cependant moins les pays sont touristiques, moins il y en a. De plus, certains endroits sont véritablement surpeuplés ou sont de simples parkings pour dépanner.

 

Il faut donc aussi chercher par soi-même. Google Maps est d’une aide précieuse avec la vue satellitaire mais il faut aussi suivre son instinct. Au début, la recherche de lieux pour dormir est assez laborieuse mais rapidement on trouve ses petites astuces et ses repères. De notre côté, nous cherchons en priorité les abords de lacs ou de rivières. Ce sont des endroits assez calmes, plats, peu fréquentés et où Lucky peut se baigner :-) .

 

Il nous est arrivé de trouver un endroit génial en moins de quinze minutes. D’autres fois, nous nous sommes rabattus sur un parking en bord de route au bout de deux heures de recherche (on pense ici aux abords de Varsovie). Prenez les choses du bon côté, ce dernier cas permet d’apprécier encore plus les spots suivants !

Les tâches ménagères

Et bien c’est comme à la maison mais dans un espace plus petit, le lave-vaisselle et le lave-linge en moins. Les tâches ménagères prennent donc plus de temps : pas grave, on en a quand on voyage :-D .

 

Pour des raisons d’économies, nous privilégions la lessive à la main : une bassine souple Décathlon, un savon de Marseille et le tour est joué. Lorsque le temps ne nous le permet pas, nous prenons le chemin de la laverie. Pour la vaisselle en revanche, c’est une autre histoire… car c’est sans doute ce qu’on aime le moins tous les deux :roll: . On se dit qu’il faudrait inventer un concept de laverie pour la vaisselle !

Enfin, avec un chien qui perd ses poils sans arrêt, la balayette est devenue notre plus fidèle alliée. A passer sans modération une à deux fois par jour !

Optimiser l’espace et vivre minimaliste

Fini l’appareil à raclette que l’on sort une fois tous les 36 du mois (de toute façon, votre batterie n’aimerait pas), l’épluche pommes et le moule à gâteau en forme de cœur (oui, on avait vraiment tout ça avant…).
Qui dit vivre en van signifie évoluer dans un petit espace. Même les camping-cars volumineux ne sont pas plus grands qu’un studio, il faut donc exploiter tous les coins et recoins du véhicule. Adieu aux achats compulsifs, chaque objet (ou presque) se devra d’être utile. Consumérisme et vie en van ne font pas vraiment bon ménage…

C’est en partie pour ces raisons qu’on a eu envie d’aménager un autre fourgon pour y vivre (mais ça, ce sera l’objet d’un prochain article).

Malgré tout, garder un espace de vie parfaitement rangé au quotidien est un véritable défi. Il faut accepter de vivre parfois avec les vestes trempées qui sèchent au milieu du fourgon et les jouets du chien qui traînent par terre.
Un mot pour conclure : relativisez (& keep calm) !

 

 

Conclusion

Voyager en van, c’est donc une multitude de petits détails qu’il faut prendre en compte : s’adapter à la météo, trouver un endroit pour dormir, s’approvisionner en eau, vivre dans un espace exigu, etc. Mais rassurez-vous, les petits désagréments se transforment vite en habitudes voire même en moments agréables (sauf la vaisselle pour nous !). Ils sont largement compensés par le bonheur de se réveiller dans un endroit magnifique, la sensation de liberté et les découvertes que vous ferez !

 

Il y a tant de choses à dire sur la vie quotidienne en fourgon aménagé que ce serait trop long… donc si vous avez des questions, n’hésitez pas ! on vous répondra avec plaisir.

4 Replies to “La vie quotidienne en van aménagé

  1. Et bien c’est le premier article que je trouve qui dit (enfin) les choses ! Merci de votre retour sur les coulisses des photos instagram ! Chouettement écrit, les photos, vraiment bien.
    J’ai eu un Kangoo aménagé et je vais passer au Trafic cet été…. Je trépigne d’impatience ! Si possible, puis-je avoir votre retour sur la hauteur…? Est-ce que sur le long cours, les jours de mauvais temps, vous ne regrettiez pas d’avoir pris un H2 ? J’ai un toutou moi aussi. Merci par avance ! Mathilde

    1. Salut Mathilde ! Et bien, que de compliments, merci On essaye juste de raconter ce qu’on vit, ni plus ni moins, sans se donner trop d’obligations.
      Pour répondre à ta question, la hauteur ne nous a pas embêtée pendant notre Tour d’Europe en Trafic. On était plus souvent dehors que dedans mais ceci-dit, on a eu qu’une dizaine de jours de pluie sur 8 mois de voyage donc on n’a pas connu 15 jours enfermés par exemple. Malgré tout, si c’est pour un road-trip ou des W-E, je pense qu’on s’habitue très bien à la hauteur. Maintenant on est passé sur un Jumper L4H3 donc bien plus haut et c’est agréable c’est sûr mais c’est pour y vivre à l’année donc on voulait un peu plus de confort !

  2. super blog beau travail
    concernant la communication wifi ou gsm ou autre quel materiel avez vous et vos retours. j’envisage de faire comme vous avec un fourgon H2 L2 ou L3 . J’ai déjà un trafic aménagé L1H1 avec panneau solaire fait par un pro LDcamp ( passage en VASP ) ok

    1. Bonjour Jacques !
      Pour la communication, nous avons utilisé nos forfaits mobiles : un chez Orange, l’autre SFR. J’avais (Fred) un forfait Free au départ qui s’est révélé peu efficace en Europe du nord…
      Puis les points WiFi en centre commerciaux, fastfoods, restaurants.
      En tout cas, nous n’avons pas installé de matériel pour augmenter la réception GSM ou WiFi si c’était votre question.
      Si vous avez pour projet de partir voyager en Europe, foncez ! on en garde que des bons souvenirs !
      Bonne journée à vous !

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